Battir dans La Libre Belgique

Battir dans La Libre Belgique

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Battir se tient, fier de ses traditions et de son héritage ancestral, sur la ligne verte. Cette séparation décidée après la guerre de 1948 pour définir la frontière entre Israël et la Palestine. Dans le fond du village, en contrebas des jardins construits en terrasse et irrigués par un système de canalisation vieux de plus 2000 ans, sillonne un train construit par les ottomans qui relie Jaffa à Jérusalem.  Ce train s’arrêtait autrefois à Battir, arrière jardin de la ville sainte, pour se ravitailler en fruits et légumes. Le train ne s’arrête plus en Palestine et les habitants du village ne peuvent se rendre à Jérusalem sans permis, octroyé très rarement. Mais grâce à Hassan Mostafa, légende locale, les habitants possèdent toujours leurs terres originales au delà de la ligne verte et on le droit d’y cultiver mais pas d’y construire. Le visionnaire a sauvé le village des milices sionistes en 1948. Il utilisa différentes astuces, laissant croire le village toujours occupé ce qui dissuada les milices de s’en emparer. Au moment de la signature des accords de Rhodes, Il a fait pression sur le roi Abdallah de Jordanie dont il était proche et qui s’apprêtait à partager les terres palestiniennes avec l’État juif. Ainsi, il préserva les terres de Battir en échange de la protection de la ligne de chemin de fer par ses habitants, sauvant un tiers des terres municipales. Ce sont les derniers lopins de terres de la Cisjordanie a ne pas être coupé de Jérusalem par le mur que le Ministère de la Défense Israélien a prévu de construire dans la vallée du Makhrour.  Depuis 2004, le comité du village de Battir se bat, rejoint par une association écologique israélienne et ensuite, cas exceptionnel, par l’autorité des parcs, une institution gouvernementale israélienne. Au delà de l’action juridique et dans l’espoir de protéger leurs terres de l’occupation de manière plus durable, les habitants, soutenu par l’Unesco ont crée un écomusée pour mettre en valeur le patrimoine de leur région. Des chemins ancestraux de randonnée ont été réhabilités pour accéder aux terres de la vallée du Makhrour. Ils attirent les groupes de touristes internationaux et permettent aussi l’accès des cultivateurs à leurs terres. A Battir, la résistance se vit verte,  audacieuse et durable.

 

Récit photographique réalisé à Battir en Palestine avec le soutien du Fonds pour le Journalisme.